
Avec Lost in the Crowd. Acadian Soldiers of Canada’s First World War, Gregory Kennedy propose une lecture renouvelée et profondément humaine de la Première Guerre mondiale. En appliquant les méthodes de l’histoire sociale à l’étude du conflit, il redonne vie aux parcours oubliés des soldats acadiens ayant participé à l’effort de guerre, offrant ainsi un récit plus riche non seulement de cet événement majeur, mais aussi de l’histoire acadienne.
S’appuyant sur un large éventail de sources (lettres de soldats, journaux, journaux intimes, archives militaires, recensements), Kennedy retrace avec précision l’histoire de la création du 165e Bataillon, composé de soldats acadiens qui peinaient à trouver leur place dans les régiments anglophones. Alors que l’historiographie a plutôt insisté sur le manque d’engagement des francophones durant les guerres mondiales, Lost in the Crowd offre une autre perspective : les Acadiens étaient tout aussi volontaires pour s’enrôler que leurs pairs anglophones, un engagement en partie stratégique pour accroître leur légitimité dans l’espace canadien. La lecture que propose Kennedy du conflit est originale parce qu’elle déroge de l’histoire militaire traditionnelle s’attachant aux victoires glorieuses ou aux hauts faits accomplis par des héros. Elle s’intéresse plutôt au quotidien et aux sentiments de ceux qui ont vu leur vie transformée par la guerre et par la crainte de ne pas revenir du front.
En reconstituant de manière minutieuse l’histoire négligée du 165e Bataillon et de ceux qui l’ont animé, Kennedy met en lumière l’importance de faire l’histoire des communautés francophones en situation minoritaire afin d’enrichir notre compréhension globale de l’histoire canadienne. Le jury adresse ses plus chaleureuses félicitations à Gregory Kennedy pour cet ouvrage à la fois émouvant, rigoureux et superbement rédigé.
Jury des prix du livre de l'IHAF 2025
- Valérie Lapointe-Gagnon (présidente), Université de l’Alberta
- Michel Ducharme, Université de la Colombie-Britannique
- Jean-Philippe Garneau, Université du Québec à Montréal








Il est dans l’histoire des figures marginales dont la richesse symbolique a permis l’élévation dans l’ordre de la légende. Le coureur de bois occupa ainsi longtemps une place prééminente dans la mémoire canadienne-française et québécoise, incarnant complaisamment les vertus prétendument aventurières d’un peuple concomitamment décrit dans les mots de l’enracinement. Il fallait un grand livre pour arracher un tel personnage à la caricature du mythe. Ce grand livre, Gilles Havard l’offre à la communauté scientifique avec son Histoire des coureurs de bois. Amérique du Nord, 1600-1840, auquel l’Institut d’histoire de l’Amérique française décerne cette année son prix le plus prestigieux.
Se fondant sur la maîtrise d’un imposant matériel documentaire et de multiples historiographies, l’auteur propose une ambitieuse réinterprétation du sujet. Par le jeu d’un regard comparatif constamment exercé entre des contextes dispersés, sur une période couvrant près de deux siècles et demi et à l’intérieur d’espaces autochtones et impériaux aussi vastes que contrastés, il parvient à redonner à des vies singulières leur pleine complexité. Coureurs, chasseurs et voyageurs retrouvent une vérité que leur avaient déniée les idéologies étatiques normalisatrices comme les analyses historiques surplombantes.
Plus qu’un simple rouage économique dans l’exploitation de la fourrure, le coureur des bois de Gilles Havard est un homme qui engage son existence à la frontière des mondes européens et autochtones, assurant de son nomadisme leur interconnexion. Il y invente une identité professionnelle et, peut-être surtout, une expression originale de la virilité. Cette culture juvénile de la circulation alimente particulièrement l’imaginaire des populations de colons dont les coureurs sont issus et vers lesquelles ils retournent le plus souvent. Dans la Prairie, toutefois, certains d’entre eux inventent avec leurs compagnes autochtones de petites communautés métisses, à distance des pesanteurs de leurs sociétés d’origines respectives, qui s’enfoncent progressivement dans la racialisation.
La recherche de Gilles Havard, rendue dans une prose limpide, s’impose par son envergure théorique et son érudition. Elle inscrit l’Amérique française au cœur des grandes problématiques qui alimentent l’histoire critique des mondes impériaux et coloniaux.
Jury des prix de l’IHAF 2017
Béatrice Craig, Université d’Ottawa
Michel Ducharme, Université de la Colombie-Britannique
Ollivier Hubert, Université de Montréal





Les moments de transition sont souvent révélateurs d’une société. Wife to Widow en fait l’éloquente démonstration en s’attardant aux parcours de deux générations de Montréalaises mariées dans les décennies 1820 et 1840 et devenues veuves par la suite. L’auteure, Bettina Bradbury, nous rappelle ici, à travers un ouvrage monumental, l’importance de la mort comme principal facteur de la dislocation des familles. En reconstituant le récit de vie de ces femmes plus souvent qu’autrement inconnues, non seulement parvient-elle à rendre compte de leur individualité, mais elle fait voir comment celles-ci ont pu négocier et redessiner leurs rapports au patriarcat. Il en résulte une histoire féministe de la famille qui réitère l’importance des classes sociales, de la propriété et de l’argent et qui recompose avec précision et vivacité le cadre social et légal dans lequel celles-ci ont évolué.
Admirablement structuré et écrit avec souffle, cet ouvrage constitue une somme, et ce, à plusieurs égards. Il rassemble d’abord le fruit de patientes années de recherche sur l’histoire des femmes et de la famille. Lors de ses années de gestation et à travers toutes les modifications qu’il a subies, le projet a épousé l’évolution de l’histoire sociale au cours des dernières décennies. L’historienne, en effet, assimile avec une aisance déconcertante les perspectives de l’histoire féministe, les mutations récentes de l’histoire politique, l’approche biographique et les enjeux culturels associés aux études postcoloniales.
En réussissant le tour de force de présenter les femmes qu’elle étudie « comme des mariées et des veuves, comme des individus et des statistiques (p. 389) », Wife to Widow s’impose d’ores et déjà comme un modèle en histoire de l’Amérique française.



Le prix Lionel-Groulx 2009 est décerné à titre posthume à l’historienne Louise Dechêne. Près de dix ans après son décès, son livre Le peuple, l’État et la guerre au Canada sous le Régime français, s’avère une nouvelle contribution majeure à l’historiographie du Régime français. En soi, la genèse de ce livre mérite d’être saluée. La parution de cet ouvrage, auquel elle aura consacré ses dernières énergies, constitue, aux dires même de ses enfants, sa dernière volonté. Grâce au travail d’Hélène Paré, Sylvie Dépatie, Catherine Desbarats et Thomas Wien, le livre que Louise Dechêne n’eut pas le temps de terminer a pu être publié en 2008. Pour avoir mené à terme ce projet, ils méritent notre reconnaissance.
Dans ce livre posthume, Louise Dechêne conserve toute la verve qui caractérisait ses précédents ouvrages, dont Habitants et marchands de Montréal au 17e siècle. À nouveau, elle s’attaque à des mythes solidement ancrés dans l’historiographie comme dans l’imaginaire. Surtout, elle y poursuit la relecture des rapports entre les habitants de la Nouvelle-France et le pouvoir colonial, vaste programme à l’intérieur duquel s’inscrivait Le partage des subsistances au Canada sous le Régime français (prix Lionel-Groulx 1995). Cette fois, c’est à la sphère militaire qu’elle consacre cette étude, plus précisément aux miliciens canadiens, thème cher aux historiens de la Nouvelle-France. En faisant du peuple l’objet de son analyse, Louise Dechêne critique sévèrement la vision traditionnelle faisant des Canadiens de « féroces guerriers ». En réévaluant les qualités guerrières des Canadiens et le contexte du 18e siècle canadien, Louise Dechêne rend leur humanité et leur individualité à ces miliciens qui auraient peut-être préféré payer des impôts et être libérés du service militaire (chapitre 7). Au-delà de l’identité militaire, c’est l’identité canadienne elle-même que Louise Dechêne remet en question. Elle s’oppose à la vision de Canadiens conscients de leur canadianité – plus Canadiens que Français – à la veille de la Conquête.
Cette œuvre remet considérablement en cause notre compréhension de la société canadienne sous le Régime français. Elle soulève nombre de questions d’une grande pertinence et parfois subversives, pour citer Thomas Wien dans l’avant-propos de l’ouvrage. Il est d’ores et déjà possible d’affirmer que l’interprétation proposée par l’historienne dans son dernier livre ne laissera pas indifférent; déjà elle soulève débats et questionnements et contribuera sans aucun doute à dynamiser la recherche.
En primant cet ouvrage, l’Institut salue une dernière fois la contribution remarquable de Louise Dechêne à l’histoire de l’Amérique française.

L’ouvrage de Martin Petitclerc renouvelle la compréhension d’une des grandes questions de notre historiographie du XIXe siècle, soit la formation de la classe ouvrière. Il démontre avec minutie que la mutualité telle que vécue à travers l’Union Saint-Joseph et d’autres associations semblables a été le vecteur de la construction d’une culture associative qui a nécessité un long apprentissage et a transformé profondément les classes populaires au XIXe siècle. Cette culture d’entraide devint un acquis indispensable pour développer le syndicalisme. C’est sous cet angle que l’ouvrage fournit une contribution essentielle à l’histoire du mouvement ouvrier. Il éclaire également l’histoire de l’assurance-vie avec laquelle Martin Petitclerc compare les sociétés de secours mutuel. Celles-ci apparaissent sous leur vrai jour comme une forme d’entraide collective alors que la première, qui absorbe la plupart des sociétés de secours mutuel au début du XXe siècle, se présente comme « une forme d’épargne individuelle » en adéquation avec les valeurs libérales de l’époque.
Tout autant que par l’originalité de sa thèse et l’importance de son apport historiographique, Martin Petitclerc se distingue par son habileté à conjuguer dans son analyse les dimensions économiques, culturelles et sociales, par la maîtrise des subtilités des concepts qui balisent son questionnement et par une connaissance approfondie de l’historiographie occidentale qui lui permet de comparer et de mettre en évidence les singularités de son objet d’étude.

Dans cette étude magistrale du fonctionnement concret de la justice criminelle entre la Conquête et les Rébellions, Donald Fyson montre sa maîtrise de la littérature scientifique nord-américaine et britannique et sa connaissance approfondie des archives judiciaires. Non seulement se préoccupe-t-il des juges de paix qui administrent le système, il porte également attention à ceux et celles qui la subissent en intégrant les dimensions de genre, de classe sociale et d'appartenance ethnique. Il découvre un système qui n'est pas sclérosé et où les ruptures sont moins prononcées et les continuités plus nombreuses qu'on ne l'avait cru jusqu'à maintenant. Ses conclusions nuancées et pertinentes renouvellent notre compréhension de l'évolution de l'État colonial et surtout de ses manifestations en milieu rural. Sa réflexion théorique sur la manière d'aborder l'histoire des institutions judiciaires en fera une lecture incontournable non seulement pour les historiens du Québec mais pour l'historiographie occidentale. En faisant parler intelligemment les sources et par des exemples judicieusement choisis qui donnent vie à l'analyse scientifique, il rend la lecture à la fois stimulante et agréable.

L’ouvrage de Naomi Griffiths est une somme d’érudition qui vient couronner une longue carrière dévouée à l’histoire de l’Acadie d’avant la Déportation. Il constitue l’histoire narrative à son meilleur, analytique et solidement documentée, centrée sur une interprétation. La thèse avancée par l’auteure est celle de la construction de l’identité acadienne bien avant 1755. Selon Griffiths, cette identité s’élabore à partir du milieu du XVIIe siècle, s’affirme à la suite du Traité d’Utrecht et se renforce au cours des décennies suivantes. Pour l’historienne, l’Acadie se trouve au cœur d’un ensemble de relations à plusieurs niveaux. Elle constitue, bien sûr, un enjeu des guerres impériales qui opposent la France et l’Angleterre. Elle maintient aussi un commerce profitable avec la Nouvelle-Angleterre au sud et avec la Nouvelle-France au nord. Elle entretient également des relations étroites et soutenues avec la nation micmac voisine. Surtout, elle se fonde sur les relations familiales liant les Acadiens au sein de leurs communautés et reliant leurs villages entre eux, sur la concertation requise pour le maintien du système de digues qui font la prospérité acadienne et sur la formation d’une élite de fermiers et de commerçants prospères. C’est là l’originalité de Griffiths : elle reconstitue l’identité acadienne avant la Déportation et elle lui donne des assises au cœur même des villages, chez ces hommes et ces femmes qui ont décidé d’identifier leur communauté comme l’Acadie. L’ouvrage de Griffiths est un incontournable pour qui veut comprendre l’histoire acadienne.

Cette étude, désormais incontournable, porte sur la lutte des professionnels de la santé pour s'emparer du contrôle des fonctions reproductives des Québécoises et les réactions de celles-ci devant cette offensive.
Au début du 20e siècle, l’un des grands enjeux nationaux était la mortalité infantile qui décimait les nouvelles générations et mettait en péril l'avenir de la nation. La fautive : la mère québécoise qui négligeait de consulter un médecin pendant sa grossesse, qui ignorait les soins hygiéniques élémentaires à dispenser au nouveau né et qui refusait la vaccination et le sein ou, à défaut, le lait pasteurisé. Si des organismes caritatifs comme les gouttes de lait instaurés à Montréal au tout début du siècle, visant à procurer conseils et lait de qualité perdurèrent, ils sont rapidement évincés au profit d’organismes professionnels avec un personnel médical spécialisé notamment à l'instigation de la compagnie d'assurance Metropolitan Life qui envoyait des infirmières dans les domiciles pour donner des leçons d’hygiène et de soins. Les tentatives de l'État et des hygiénistes à son service, des médecins généralistes, des élites clérico-nationalistes à contrôler les comportements des mères et à les éduquer se heurtaient non seulement aux intérêts particuliers mais aussi à la pauvreté et à la résistance à des intrusions dans la vie privée des familles. Finalement, c'est le contrôle efficace de la fécondité (qui fera aussi l'objet d'une médicalisation au cours des années 1960) et l'amélioration du niveau de vie qui viendra à bout du fléau de la mortalité infantile.
Cette étude exemplaire qui allie des sources variées allant des rapports des médecins hygiénistes, aux documents éducatifs remis aux mères, les rapports annuels d'organismes, la presse quotidienne et féminine et des entrevues réalisées auprès de trois générations de mères pour donner la parole aux principales intéressées, tisse un portrait passionnant de la société et des rapports entre les sexes dans la première moitié du 20e siècle. Elle est également d'actualité à un moment ou des autorités internationales refusent d'accorder aux femmes le contrôle de leur reproduction en prônant l'abstinence et d'autres méthodes inefficaces de régulation des naissances qui condamnent des centaines de milliers d'enfants et de femmes à travers le monde.

Trente pages d’index, 21 pages de bibliographie sans compter les 20 pages de titres de manuels de mission, 83 pages de notes et références, mais surtout 448 pages bien tassées de contenu textuel, voilà l’enveloppe matérielle de cet ouvrage. Mais ces données chiffrées, aussi impressionnantes soient-elles, n’offrent qu’un pâle reflet de la qualité de cet ouvrage.
Mais comment rendre compte adéquatement de cette magnifique publication qui vaut à son auteur le prix Lionel-Groulx – Fondation Yves-Saint-Germain? Les membres du jury en ont unanimement reconnu les qualités scientifiques exceptionnelles. À leurs yeux, il aurait été pertinent d’évoquer l’ampleur de la recherche et du questionnement. Ils n’auraient pas voulu passer sous silence la minutie et la rigueur de la démonstration. Enfin l’expression est non seulement précise, élégante et nuancée, elle emprunte différents niveaux de langue qui illustrent le quotidien et le concret en plus d’explorer l’imaginaire et le sensible. En somme, par la richesse de son contenu, cet ouvrage aurait mérité l’appellation, malheureusement devenue cliché, d’ouvrage de référence incontournable.

Cet ouvrage est le fruit d’une fructueuse collaboration en histoire culturelle du Québec et du Canada. Deux héroïnes, Madeleine de Verchères et Laura Secord, sont ici réunies dans leurs représentations, leurs instrumentalisations et leur patrimonialisation. Dépassant les limites de la représentation, les auteurs situent la construction et les reconstructions successives des deux icônes dans les contextes changeants de l’histoire du Québec et du Canada. Pour ce faire, ils ont puisé dans une variété impressionnante de sources manuscrites, publiées et iconographiques, pour présenter un superbe exemple de récits successifs ou enchevêtrés, qui nous éclairent sur les rapports coloniaux et impériaux tout comme sur les rapports sociaux de sexe. Il faut louer leur choix des illustrations et leur style narratif qui rend si agréable la lecture de ce livre.

Gervais Carpin s’est mérité le Prix Lionel-Groulx pour son étude des mouvements migratoires de la France vers la Nouvelle-France entre 1628 et 1662. Il met finement en relief le rôle de Richelieu, de la Compagnie de la Nouvelle-France et des agents recruteurs pour venir ainsi compléter l’historiographie de l’immigration au XVIIe siècle. On retient son approche novatrice à partir du concept de réseau pour appréhender le processus migratoire des quelque 7000 départs qu’il a retracés. Les spécialistes en Nouvelle-France seront reconnaissants à Gervais Carpin d’avoir apporté un éclairage nouveau sur un sujet de grand intérêt.

Maniant l’analyse et la plume avec une égale grâce, Ollivier Hubert nous présente une étude fine, sur le long terme, de la mise en place, de la diffusion et des transformations des rites de l’Église catholique pendant plus d’un siècle. S’appuyant sur un corpus impressionnant d’archives de paroisse, de correspondance entre curés et évêques, de mandements et d’imprimés, l’auteur étale la minutie et l’ampleur du travail symbolique accomplis par le rite religieux. Sans indulgence, dans une neuvaine de chapitres, Ollivier Hubert exhausse notre connaissance des structures et des rythmes du rite religieux.

Le gagnant du prix Lionel-Groulx – Fondation Yves-Saint-Germain s'amuse à démonter, pour le plus grand plaisir du lecteur, une commémoration riche en enseignements divers, celle de la fondation de Québec tenue en 1908. Sous la plume de cet historien, un sujet à première vue anecdotique finit par embrasser toute une époque. Shakespeare à l'appui, l'auteur opère une véritable mise en scène de ces Fêtes du tricentenaire, tout en répondant aux impératifs tant historiens que littéraires (voire anthropologiques, ajouterions-nous, devant les traces discrètes d'emprunts faits à cette discipline voisine). Sa description des préparatifs, du déroulement et de certaines suites de l'événement dénote une rare maîtrise de l'art du récit analytique. L'emblème de ce livre qui exploite à fond l'iconographie d'époque est sans conteste la vue panoramique – celle des hauteurs d'Abraham, où se déroulaient les parades et les spectacles historiques commémorant, finalement, davantage la fin du Régime français que ses débuts. Tour à tour, personnages et groupes se détachent de la masse pour donner un sens chaque fois différent à l'événement. Se construit ainsi une analyse à voix multiples. On objectera que certaines de ces voix sont mieux maîtrisées que d'autres, que le panorama présenté rapetisse tel ou tel groupe dont les préoccupations, vues d'une telle hauteur, perdent de leur netteté si ce n’est de leur bien-fondé. N'empêche: ce livre exhale l'imagination et l'érudition. En attendant la traduction que prépare actuellement Hélène Paré, c'est la version originale du livre de Henry Vivian Nelles qui reçoit le prix Lionel-Groulx – Fondation-Yves-Saint-Germain 2000: The Art of Nation-Building: Pageantry and Spectacle at Quebec's Tercentenary, paru aux Presses de l'Université de Toronto.














Jury


Le jury tiendra compte des trois critères suivants :
- Originalité de la contribution à l’histoire de l’Amérique française
- Qualité de la recherche et de la méthodologie
- Rigueur de la démarche intellectuelle
Règles d’admissibilité :
- L’expression « histoire de l’Amérique française » englobe l’histoire du Québec dans son intégralité ainsi que celle des populations francophones de l’Amérique du Nord.
- Ne sont éligibles que les œuvres originales (1re édition) publiées en français ou en anglais; dans le seul cas où une traduction française serait parue la même année que l’édition originale anglaise, la version française sera soumise au jury.
- Le copyright figurant dans l’ouvrage établit l’année de publication.
- Nombre d’auteur.e.s : aucune restriction.
- Lieu d’édition : aucune restriction.
- Ne sont pas admissibles : les actes d’un colloque, les éditions critiques, les dictionnaires, les encyclopédies, les anthologies, les répertoires et les inventaires.
- Tout ouvrage inscrit au concours du prix Lionel-Groulx est inscrit d’office aux autres concours de l’IHAF auxquels il est admissible cette année-là, sauf demande expresse au moment de l’inscription.
Règles d’inscription :
Les maisons d’édition ou les auteur.e.s qui désirent inscrire un ouvrage au concours du Grand Prix de l’IHAF doivent en faire parvenir quatre (4) exemplaires papier à l’Institut à l’adresse suivante au plus tard le 30 avril :
Institut d’histoire de l’Amérique française
Département d’histoire, Université de Montréal
C.P. 6128, succursale Centre-ville
Montréal QC H3C 3J7 Canada
Pour de plus amples renseignements, n’hésitez pas à communiquer avec la coordination de l’Institut : ihaf@ihaf.qc.ca