Cette communication interroge les concepts d’héritage et de succession à travers les archives de Guy Lizotte (1953-2001) conservées au Centre d’archives de la Grande Zone argileuse (CAGZA). Journaliste, animateur de radio, philosophe et poète (Cicatrice, La dame blanche, Reprises), cet intellectuel polyvalent s’est imposé comme une figure emblématique du Nord et de la francophonie ontarienne ainsi que d’une certaine mémoire queer régionale.
Constitué par ses proches après sa mort, le fonds, composé de manuscrits inédits et d’une correspondance avec des figures marquantes (Jean-Marc Dalpé, Paul Demers, Patrice Desbiens, Michel Vallières et Johanne Melançon), offre un témoignage privilégié sur la contribution de l’auteur et de son cercle littéraire à l’effervescence culturelle des années 1970-1990.
Au-delà de la valeur patrimoniale majeure de cet héritage matériel, ce corpus invite à interroger le rôle de l’institution archivistique dans la succession de ce legs. En s’inscrivant dans le sillage des réflexions d’archivistes comme Yvon Lemay et Anne Klein, l’étude étudie la manière dont le passage de l’intime au public influence la construction de la figure mémorielle de Lizotte. Illustrant la dynamique particulière de la constitution posthume, l’analyse des documents et des outils archivistiques du fonds montre comment cette prise en charge active par son entourage, puis par le CAGZA, opère une médiation mémorielle, assurant ainsi la résonance de la poésie de Lizotte.