Séance 12 — La culture comme legs
Augustine Bourassa: l’art de recevoir et de transmettre
Marie-Lise Poirier
Université du Québec à Montréal
Augustine Bourassa (1858-1941) consacra les trente dernières années de sa vie à la collecte, au recensement et à la mise en valeur de son patrimoine familial, accessible aujourd’hui à quiconque s’intéresse à l’œuvre de son père, le peintre et architecte Napoléon Bourassa (1827-1916), ou à celui de son grand-père maternel, l’avocat et homme politique Louis-Joseph Papineau (1786-1871). Son action, essentielle à la sauvegarde d’archives, de livres, d’œuvres d’art, de meubles et d’artefacts autrement destinés à la dispersion, fait cependant oublier qu’elle fut l’élève de son père et qu’elle vécut plus de dix ans en Europe où elle paracheva son éducation artistique. Ses carnets de voyages, notes de lectures, dessins et correspondances révèlent une sensibilité esthétique très proche de celle de son père – en particulier son goût pour les maîtres de l’école allemande comme Johann Friedrich Overbeck (1789-1869) et Wilhelm von Kaulbach (1805-1874). Ils témoignent aussi d’un réel talent pour la chose artistique. Cette communication aborde la thématique de la transmission au prisme de l’enseignement des arts au 19e siècle, en étudiant la relation qu’entretient Augustine Bourassa avec son père à travers des documents méconnus que sa succession jugea opportun de conserver et de léguer.