Congrès 2026

Séance 12 — La culture comme legs

Le tourisme contre-culturel, vecteur d’idées et de frustration. Le cas de la Maison du pêcheur de Percé, été 1969

Émilie Cormier

Université du Québec à Rimouski

Percé, été 1969: un groupe de Montréalais loue une ancienne boîte à chansons connue sous le nom de la Maison du pêcheur dans le but d’offrir un hébergement touristique abordable. Malgré les idéaux nationalistes de ses animateurs, parmi lesquels Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard, le lieu attire surtout un public jeune et contre-culturel. L’initiative se heurte à l’opposition du du Conseil municipal de Percé et crée un conflit très médiatisé.

Connu des spécialistes de la contre-culture, cet épisode n’a pas fait jusqu’ici l’objet d’une analyse savante. Cette présentation cherche à remédier à ce vide historiographie en explorant des archives médiatiques, des correspondances ainsi que des procès-verbaux du Conseil municipal de Percé. L’analyse révèle des préjugés marqués envers les jeunes contestataires. Il semble que les codes vestimentaires et les choix capillaires des « contre-culturels » aient suscité l’aversion de la population davantage que les causes qu’ils défendaient, tandis que pour d’autres, ils représentaient une menace économique à ne pas sous-estimer. Notre recherche met en lumière la place de la péninsule gaspésienne dans le développement d’une identité contre-culturelle québécoise. Elle permet également de constater que la Maison du pêcheur, considérée comme l’une des premières auberges de jeunesse du Québec, aura été un vecteur de changements et confirme la présence de foyers d’idées et de manifestations contre-culturelles en région.