Lauréat.e 2025 pour le Prix Paul-André-Linteau
Anaël Marrec
L’article retrace la transformation controversée de l’immense décharge Miron, située dans un quartier défavorisé de Montréal, en centrale de bioénergie. Il montre les limites des solutions purement technologiques face aux défis de justice environnementale.
Du biogaz en héritage. Mobilisations autour d’un «gisement» d’énergie dans une décharge urbaine (Montréal, 1986-2009)
Revue d’histoire urbaine, vol. 52, no 2 (septembre 2024)
Voir l'articleL’article d’Anaël Marrec éclaire un épisode méconnu mais révélateur de l’histoire environnementale montréalaise. L’autrice retrace la transformation controversée de l’immense décharge Miron, située dans le quartier défavorisé de Saint-Michel, en centrale de production d’énergie à partir des gaz émis par les déchets enfouis.
Cette recherche documente un tournant décisif dans l’aménagement urbain montréalais, révélant les tensions entre impératifs économiques, environnementaux et de justice sociale qui traversent la métropole québécoise depuis les années 1980. L’autrice mobilise des sources variées (archives municipales, documents du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, entretiens avec citoyens et citoyennes mobilisés) pour restituer les enjeux complexes de ce projet dans toutes leurs dimensions politiques, techniques et sociales.
Le jury a retenu cette étude pour sa capacité à positionner solidement le cas montréalais dans l’historiographie des inégalités sociales et environnementales. L’article illustre magistralement les défis et les limites de la transformation des « communs négatifs » (cette décharge toxique) en ressources « vertes », en révélant comment les choix techniques reproduisent les inégalités territoriales dans les quartiers défavorisés.
Cette analyse enrichit substantiellement notre compréhension des mutations de la métropole québécoise. Elle montre les limites des solutions purement technologiques face aux défis de justice environnementale. Elle constitue un apport historiographique majeur non seulement à l’histoire de Montréal, mais également au champ des études urbaines et environnementales.
Le jury des prix de la recherche de l’IHAF 2025
- Sébastien Brodeur-Girard (président), Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
- Maude Flamand-Hubert, Université Laval
- Marie-Claude Thifault, Université d’Ottawa