Séance 6 – Savoirs scolaires, identités et rapports de force, 1950-1980
Savoirs et mobilisations des parents d’élèves face aux fermetures d’écoles publiques (1975-1985)
Camille Robert
Université Concordia
À partir des années 1970, les écoles publiques québécoises connaissent une diminution importante de leurs effectifs en raison d’une baisse démographique, amorcée dans la décennie 1960. Plusieurs établissements ferment leurs portes, ce qui entraîne des déplacements d’élèves et de personnel. Les compressions budgétaires imposées dans le secteur de l’éducation au tournant des années 1980 accentuent la pression sur les commissions scolaires pour évaluer la « rentabilité » de chaque école en fonction du nombre d’élèves inscrits. En cinq ans seulement, la commission des écoles catholiques de Montréal (CECM), par exemple, ferme 135 établissements sur son territoire. Face à cette situation, de nombreux groupes de parents s’organisent et revendiquent la préservation de leur école locale. Ils s’appuient sur leurs connaissances et leurs expériences en mettant en avant les besoins des enfants et, plus largement, ceux de leur communauté. Cette communication vise à examiner comment les savoirs des parents, et particulièrement ceux des mères, ont été mobilisés dans le cadre des luttes contre les fermetures d’écoles. Après avoir présenté le contexte de décroissance du réseau scolaire, j’aborderai les arguments avancés par les parents ainsi que le répertoire de leurs actions : mémoires, démarches juridiques, interventions au conseil des commissaires, implication des enfants, piquetage, etc. Ces mobilisations permettent, plus largement, de saisir l’importance des écoles publiques dans le tissu social des quartiers, des villes et des villages.