Congrès 2026

Séance 29 — Histoire(s) de Montréal

Sur le pas de la porte : seuils, frontières et liminalité dans la ville de Montréal au 18e siècle

Arianne Lalonde

Université de Montréal

L’espace urbain est constitué de multiples zones et structuré par des normes sociales et culturelles. C’est à cette fragmentation que cette communication s’intéresse, à travers l’étude de l’articulation et des délimitations entre les espaces publics privés dans la ville coloniale de Montréal au 18e siècle.

Je propose d’examiner les passages quotidiens des habitants qui entrent dans leurs habitations et en sortent. J’étudie le cas de la porte, qui constitue symboliquement la frontière la plus ordinaire entre l’espace public et privé, un marqueur matériel et symbolique de la division sociale de l’espace urbain. Je propose notamment de théoriser le seuil afin de comprendre l’organisation socioculturelle de la ville à l’époque moderne.

Je présente trois études de cas qui permettent d’examiner la polysémie du seuil à Montréal au 18e siècle. Ces cas proviennent des archives de la juridiction royale de Montréal. Je démontre que le seuil est multiple, car ambivalent. En effet, la polysémie des seuils construit et stabilise le projet colonial. À l’instar du miroir, le seuil mis en récit dans les témoignages reflète les dynamiques de pouvoir dans la ville. En examinant le franchissement quotidien du pas de la porte, cette communication explore la manière dont les habitant.es de Montréal conçoivent une ville qui correspond à leur idée des hiérarchies, de la moralité et de l’honneur.