Congrès 2026

Séance 4 — Sources historiques en langues autochtones : regards croisés

Les traductions bibliques en langues autochtones comme sources historiques

Nathan Ince

Université de Sherbrooke

Malgré l’essor des travaux historiques fondés sur différentes sources rédigées en langues autochtones, les traductions bibliques restent relativement inexploitées comme archives historiques. Bien que leur statut de traduction puisse, à première vue, en limiter l’intérêt, plusieurs facteurs en font des sources particulièrement riches. D’abord, les méthodes relativement standardisées de traduction biblique les rendent aisément comparables d’une langue à l’autre, d’un traducteur à l’autre, entre différentes confessions religieuses et à travers le temps. Ces traductions constituent également les textes les plus substantiels rédigés dans certaines langues et offrent ainsi des données linguistiques, historiques et culturelles qui sont absentes des sources plus traditionnelles.

Cette communication propose d’examiner le potentiel heuristique de ces sources pour la recherche historique. Elle présentera d’abord un aperçu général de la traduction biblique en langues autochtones, puis mettra en lumière certains des principaux défis méthodologiques que pose ce type de documentation. Enfin, quelques traductions manuscrites et imprimées seront analysées à titre d’études de cas, avec une attention particulière aux traductions réalisées par le missionnaire anishinaabe Peter Jones dans le Haut-Canada entre les années 1820 et 1850.