Séance 7 — Histoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean : oralité et monde ouvrier
Questions de fonds. Les aléas de l’eau dans l’histoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean
Émile Duchesne
Université Laval
Jérémie Gagnon
Université Laval
Les habitants et habitantes du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont un rapport particulier à l’eau, c’est-à-dire aux lacs, aux rivières et aux précipitations qui contribuent à former le paysage régional. Ce rapport particulier émerge avec la construction du barrage hydroélectrique de l’Isle-Maligne, qui mena à l’inondation des rives du lac Saint-Jean en 1926. Événement fondateur d’une conscience régionale en formation, cet épisode exprime à la fois la dépossession de la classe agricole et un rejet de certaines valeurs associées à la société capitaliste, dont le contrôle technique sur la nature. Ce rapport ambivalent au contrôle environnemental est manifeste dans la mémoire laissée par une série d’événements ultérieurs. En effet, la « crise des machines à pluie » pendant les années 1960 révèle l’existence d’un système de pensée similaire, de même que la mémoire et les interprétations du déluge du Saguenay de 1996. L’analyse de ces trois événements est informée par des recherches en archives et des entrevues menées auprès d’habitant.es contemporain.es du Saguenay–Lac-Saint-Jean (disponibles dans une base de données en libre accès à partir de l’été 2026). La présentation démontrera l’existence d’un sens commun, critique à l’égard du contrôle environnemental, qui transpire de ces trois événements.