Séance 13 — Pratiques de transmission des Ursulines de Trois-Rivières: enseignement, vie spirituelle, patrimoine
De la reconstitution des archives à l’écriture de l’histoire: le rôle de cinq annalistes dans l’émergence de la conscience patrimoniale des Ursulines de Trois-Rivières (1835-1888)
Zohra Cloutier
Université du Québec à Trois-Rivières
Christine Machiels
Pôle culturel du monastère des Ursulines
En 1888, mère Marguerite-Marie (Eugénie Lasalle) publie, sous le voile de l’anonymat, le premier tome d’une histoire des Ursulines de Trois-Rivières, depuis la fondation du monastère en 1697 à l’incendie de 1806 qui a causé la perte des archives de la communauté. L’ouvrage témoigne de l’existence d’une conscience patrimoniale chez les Ursulines à la fin du 19e siècle. Il repose sur le travail de quatre devancières, religieuses annalistes, auxquelles la communauté a confié, depuis les années 1830, le soin de reconstituer les archives officielles. Quel rôle ont-elles joué dans la transmission de ces traces du passé dont elles sont les dépositaires?
À la croisée de l’archivistique et de l’histoire, cette recherche s’appuie sur le traitement physique et intellectuel des archives du monastère témoignant de la période antérieure à 1806. L’étude de ce corpus documentaire révèle en creux les pratiques de transmission des annalistes, depuis le milieu des années 1830 jusqu’aux années 1880. Cette approche est complétée par l’analyse d’archives plus personnelles, révélant leur parcours de formation et leurs réseaux de sociabilité. D’un point de vue archivistique, cette contribution vise à guider les décisions quant au traitement des documents, suivant le principe de respect du fonds initial. D’un point de vue historique, elle éclaire le rôle qu’ont joué ces femmes, souvent oubliées, dans la préservation d’un patrimoine et la pratique de l’histoire dès la seconde moitié du 19e siècle.