Lauréat.e 2022 pour le Prix de l’Assemblée nationale du Québec
Martin Pâquet et Stéphane Savard
Rédiger un ouvrage de synthèse, c’est, comme les auteurs le soulignent eux-mêmes, rendre un service public. Et en effet, proposer une lecture globale de la Révolution tranquille, au moment où cette époque est toujours présente dans la mémoire collective et devient matière d’histoire, constitue une entreprise historienne fort utile.
Brève histoire de la Révolution tranquille
Boréal, 2021
Fiche de l'éditeurRédiger un ouvrage de synthèse, c’est, comme les auteurs le soulignent eux-mêmes, rendre un service public. Et en effet, proposer une lecture globale de la Révolution tranquille, au moment où cette époque est toujours présente dans la mémoire collective et devient matière d’histoire, constitue une entreprise historienne fort utile. Mais dans cette Brève histoire de la Révolution tranquille, Martin Pâquet et Stéphane Savard nous rappellent que la synthèse historique peut également être un lieu d’innovation de même qu’une contribution significative à la connaissance et à la compréhension du passé. Ainsi, les auteurs renoncent à la reconstitution chronologique pour proposer une structure narrative originale, sensible aux mutations du rapport au temps qui caractérisent et définissent cette période. L’ouvrage se décline en trois sections, qui constituent autant de temps distincts, selon une logique explicitée dans l’introduction. Il s’agit d’abord de situer la Révolution tranquille dans son contexte – canadien et international d’abord, puis québécois. L’analyse proposée laisse déjà entrevoir l’ambition et le souffle de l’ouvrage, attentif aux transformations socio-économiques, religieuses, démographiques, culturelles et politiques qui balaient le monde pendant les Trente Glorieuses et qui, au Québec, préparent l’arrivée d’un temps nouveau. La seconde partie de l’ouvrage, intitulée « Vivre », plonge le lecteur au cœur de la Révolution tranquille. Pour la connaître et la comprendre, les auteurs retiennent comme focale l’État québécois. Ils examinent d’abord le déploiement d’une impulsion réformatrice, portée par de nouvelles « élites définitrices », empreinte d’un nouveau nationalisme et d’une conception nouvelle du rôle de l’État ainsi que des droits et libertés des citoyens. Ils explorent ensuite le « moment » d’une prise de parole citoyenne qui s’affirme à partir de la fin des années 1960. D’autres acteurs occupent alors la scène – mouvements féministes et étudiants, syndicats, Premières Nations, artistes, mouvements indépendantistes – et se mobilisent autour d’un ensemble d’enjeux nouveaux. S’ouvre alors la dernière phase de la Révolution tranquille, celle des clivages sociaux et des ruptures qui signent la fin d’une époque. En guise d’épilogue, un dernier chapitre, « Se souvenir », offre un bel espace de réflexion où les auteurs inscrivent la Révolution tranquille dans le temps présent, comme lieu de mémoire et matière de l’historien.
Le jury tient à féliciter et à remercier les auteurs pour cet ouvrage exceptionnel qui enrichit l’historiographie québécoise et atteint pleinement son objectif de rendre la Révolution tranquille intelligible pour leurs contemporains.