Lauréat.e 2016 pour le Prix de l’Assemblée nationale du Québec

Marc Vallières

Dans cette étude synthèse reposant sur une impressionnante recherche, l’auteur analyse l’évolution des rapports entre l’État québécois et les marchés financiers sur lesquels l’État a emprunté les fonds nécessaires aux développements d’infrastructures et au financement de différents programmes gouvernementaux, et ce de la Confédération à 1987.

Le Québec emprunte. Syndicats financiers et finances gouvernementales, 1867-1987

Septentrion, 2015
Fiche de l'éditeur

Bien que la question de l’endettement public ait dominé le discours politique québécois depuis plusieurs décennies, son histoire est demeurée nébuleuse jusqu’à la publication de l’ouvrage de Marc Vallières intitulé Le Québec emprunte : Syndicats financiers et finances gouvernementales, 1867-1987, à qui est décerné le Prix de l’Assemblée nationale cette année. Dans cette étude synthèse reposant sur une impressionnante recherche, l’auteur analyse l’évolution des rapports entre l’État québécois (c’est-à-dire le Gouvernement du Québec, ses affiliés ainsi qu’Hydro-Québec) et les marchés financiers sur lesquels l’État a emprunté les fonds nécessaires aux développements d’infrastructures et au financement de différents programmes gouvernementaux, et ce de la Confédération à 1987.
Ce faisant, il met en lumière le rôle clé des syndicats financiers organisés par des banques et des maisons de courtage pour écouler les obligations gouvernementales sur les marchés domestiques et internationaux. En racontant avec force détails la manière dont les emprunts ont été obtenus, l’ouvrage éclaire d’abord l’évolution des sources de financement de l’État québécois, allant des marchés britannique et français avant la Première Guerre mondiale au marché nord-américain avant la Révolution tranquille, puis aux marchés canadiens, américains, européens et japonais à partir des années 1960. L’ouvrage explique également comment le Gouvernement du Québec s’est progressivement affranchi de l’influence des syndicats financiers anglo-canadiens en encourageant le développement de maisons de courtage franco-québécoises à partir des années 1930, en créant la Caisse de dépôt et placement du Québec en 1965 et en diversifiant la source de ses emprunts à partir de la Révolution tranquille. Cet ouvrage magistral, richement illustré et accompagné de nombreux tableaux, constitue sans conteste une contribution majeure à l’histoire politique du Québec.