Lauréat.e 2017 pour le Prix de la Revue d’histoire de l’Amérique française
Daniel Rück et Eve-Marie Lampron
Dans cet article, Rück étudie les pressions qui ont transformé la communauté mohawk de Kahnawake dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ce faisant, l’auteur porte un nouvel éclairage sur l’histoire des relations entre les peuples autochtones et le gouvernement fédéral, qui va au-delà de la signature des traités dans l’Ouest canadien ou du phénomène des écoles résidentielles.
« Où tout le monde est propriétaire et où personne ne l'est » : droits d'usage et gestion foncière à Kahnawake, 1815-1880
Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 70, no. 1-2, 2016
Voir l'articleDans cet article, Rück étudie les pressions qui ont transformé la communauté mohawk de Kahnawake dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ce faisant, l’auteur porte un nouvel éclairage sur l’histoire des relations entre les peuples autochtones et le gouvernement fédéral, qui va au-delà de la signature des traités dans l’Ouest canadien ou du phénomène des écoles résidentielles. Il démontre de manière fort convaincante que, contrairement à ce que les fonctionnaires du département des Affaires indiennes ont soutenu, la dégradation de la gouvernance autochtone de Kahnawake ne s’explique pas par des problèmes internes, mais plutôt par les multiples interventions du gouvernement fédéral dans l’organisation et l’administration de la communauté, ainsi que par le développement économique de la région montréalaise.
En faisant fi du droit coutumier mohawk sur la propriété, en permettant la construction du chemin de fer Lake St. Louis and Province Line (LSL&PL) à travers le territoire de Kahnawake, en travaillant à miner le pouvoir des leaders traditionnels par la promotion de lois telles que l’Acte pourvoyant à l’émancipation graduelle des Sauvages (1869), en échafaudant des plans pour relocaliser la communauté et en transformant la seigneurie de Sault-Saint-Louis en réserve dans les années 1880, le gouvernement a déstabilisé une société jusque-là prospère. Grâce à une approche originale, à une recherche fouillée, à une démonstration rondement menée et à une prose vivante, l’auteur éclaire à la fois les effets du développement économique de Montréal sur la communauté mohawk de Kahnawake et l’impact négatif qu’a eu l’adoption par le gouvernement fédéral de plusieurs politiques visant son assujettissement. Cet article constituera désormais une lecture incontournable pour quiconque s’intéresse à l’histoire autochtone au Québec.