Lauréat.e 2005 pour le Prix de la Revue d’histoire de l’Amérique française

Catherine Ferland

Il est loin le temps où la bouteille ne faisait pas bon ménage avec la science. Son évocation de «La consommation des boissons alcooliques chez l’élite de la Nouvelle-France au XVIIIè siècle» est tirée d’une recherche doctorale dont elle développe un aspect dans cet article.

Le nectar et l'ambroisie. La consommation des boissons alcooliques chez l'élite de la Nouvelle-France au XVIIIe siècle

Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 58, no. 4, 2005
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Pour célébrer les hauts faits, il est mieux parfois d’apporter les verres et même quelques bouteilles de son cru. L’auteure de l’article qui a retenu l’attention du jury pour le prix Guy Frégault avait tout prévu pour vous offrir ce qu’elle appelle «Le nectar et l’ambroisie». Il est loin le temps où la bouteille ne faisait pas bon ménage avec la science. Son évocation de «La consommation des boissons alcooliques chez l’élite de la Nouvelle-France au XVIIIè siècle» est tirée d’une recherche doctorale dont elle développe un aspect dans cet article.
Situant ses recherches dans les travaux récents sur l’histoire du vin en France, Catherine Ferland s’est inspirée des études anthropologiques sur le Boire, en particulier celles de Mary Douglas, études qui permettent d’en cerner les usages, les prescriptions et les connotations identitaires concernant soi et les autres. À une époque où les bières artisanales n’avaient pas la cote, le vin et les liqueurs importées et surtout certains vins dispendieux étaient recherchés pour leur goût et leur effet mais aussi pour se distinguer et impressionner les invités.
Inventoriant des sources diverses, listes de vins importés, trouvailles archéologiques, inventaires après décès, témoignages de voyageurs ou correspondances, Catherine Ferland trace un portrait coloré des repas ordinaires comme des banquets et fêtes nocturnes relevant plusieurs indices des pratiques du boire chez les élites qui se rapprochent dans l’ensemble de celles observées en France à l’époque. L’écriture élégante et une présentation qui par moment rappelle la mise en scène ne sauraient étonner puisqu’un article publié dans le Fil des événements, nous apprend qu’elle a joué l’épouse du Bourgeois gentilhomme dans la Troupe des menus plaisirs, il y a quelques années. C’est avec grand plaisir que le jury lui a décerné le prix Guy Frégault pour son article qu’il faut lire après un repas bien arrosé.