Appel à communications
Congrès de l’IHAF 2026, Saguenay (UQAC)
22-24 octobre 2026
Le comité organisateur du 78e congrès annuel de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, qui se tiendra à Saguenay sous les auspices de l’Université du Québec à Chicoutimi, convie les chercheuses et les chercheurs à explorer, dans leur articulation, les thèmes de l’héritage, de la transmission et de la succession en Amérique française. Cette triade invite à une réflexion plus large sur le temps, et sur la manière dont les individus et les communautés interagissent avec ce qui les précède et ce qui les suivra.
L’héritage, qu’il soit matériel ou immatériel, engage une réflexion sur les rapports entre les générations. Hériter implique non seulement d’être en rapport avec les générations passées, mais aussi de reconnaître l’existence des liens sociaux et généalogiques qui nous ont façonnés. C’est accepter l’idée que nous ne nous inventons pas ex nihilo et qu’il est des dimensions de nos vies qui nous échappent autant qu’elles nous déterminent. Assumé et célébré, l’héritage peut au contraire ou en même temps être contesté ou dépassé, signe qu’il pose l’individu comme les collectivités diversement définies dans une tension perpétuelle entre ce qui leur a été légué et le désir de s’en affranchir.
Se savoir héritièr.e convoque nécessairement une réflexion sur la transmission. Le geste (intime ou collectif) de transmettre consiste à choisir – consciemment ou non – ce qui sera donné aux suivant.e.s. Que ce soit dans le cadre scolaire, familial, communautaire, national, politique, religieux, scientifique ou artistique, la manière dont les héritages sont partagés ou réinterprétés repose souvent sur des pratiques de transmission définies, elles-mêmes influencées par des héritages de genre, de classe, ou d’appartenance culturelle variée.
Succéder, c’est prendre en charge un héritage, en s’inscrivant dans une chronologie et en définissant son propre parcours. La personne qui succède n’est pas seulement le récepteur passif d’un héritage mais aussi un acteur qui se situe par rapport à ce qu’il ou elle reçoit. Un tel processus suggère des interactions complexes non seulement entre les générations, mais aussi au sein des groupes sociaux et des structures familiales qui ont à résoudre l’équilibre fragile entre le respect des traditions et l’impulsion de renouvellement.
La réflexion autour de l’enchaînement héritage – transmission – succession se prête à l’étude de sujets variés dans le contexte de l’Amérique française, par exemple :
- Héritage matériel : Les processus de transmission de la terre, des propriétés, des ressources naturelles, des biens familiaux et de la fortune; l’histoire matérielle au prisme de l’archéologie; la conservation des héritages matériels et numériques aujourd’hui.
- Héritage immatériel : La transmission de la culture, des traditions, des savoirs, des croyances religieuses et des valeurs; l’héritage colonial et postcolonial; la transmission de la foi, des rituels et des pratiques religieuses; les filiations culturelles et intellectuelles.
- Familles et sociétés : Les pratiques successorales, les stratégies de transmission des patrimoines et des capitaux (économiques, sociaux, symboliques et politiques); l’influence des relations de parenté; les structures familiales et les transmissions démogénétiques; les conflits familiaux liés à l’héritage; les rôles de genre dans l’héritage et la succession.
- Pouvoir et politique: les mécanismes de la succession dans les régimes politiques; l’héritage des révolutions et des réformes politiques; la succession dans les institutions publiques, les gouvernements et les administrations locales.
- Transmission de l’histoire et de la mémoire: la transmission des mémoires familiales; les pratiques de transmission au regard de la classe sociale, des catégories socioprofessionnelles, du genre (incluant la mouvance LGBTQ+) et de la race; l’héritage des conflits et des traumatismes historiques; le rôle des archives et de l’archéologie dans la transmission et la préservation des données historiques; les pratiques de transmission de l’histoire dans les cadres scolaires, religieux et muséaux.
- Influences transnationales et interculturelles : transmission culturelle et sociale entre métropole et colonies; transmission et adaptation en contexte de migrations continentales; influences croisées et échanges culturels entre sociétés autochtones et allochtones.
Le comité organisateur vous invite à soumettre une proposition de communication (max. 250 mots) ou de séance (3 ou 4 communications) au plus tard le 31 mars 2026. Chaque proposition de communication doit indiquer l’affiliation institutionnelle de l’auteur.e et être accompagnée d’une brève biographie (max. 100 mots). Les propositions hors thème portant sur l’histoire de l’Amérique française seront également considérées. Le comité se réserve le droit de restructurer les séances proposées pour assurer la cohérence générale du congrès.
Toutes les communications devront s’appuyer sur des résultats de recherche et ne pourront consister en un projet en cours d’élaboration. Les étudiant.e.s de 2e cycle qui n’ont pas déposé leur mémoire doivent soumettre au comité une lettre de leur directrice ou directeur de recherche attestant du degré d’avancement suffisant de leurs travaux.
Les propositions devront être transmises via le formulaire (et non à l’Institut).
Pour toute question concernant le congrès 2026, contactez François-Olivier Dorais, président du comité organisateur (fodorais@uqac.ca).
Sur l’image : Espace aujourd’hui connu comme Site patrimonial du Poste-de-Traite-de-Chicoutimi situé à la limite de la partie navigable de la rivière Saguenay et à l’embouchure de la rivière Chicoutimi.
Illustration : Chicoutimi, Chicoutimi – Église Sacré-Coeur – Vue éloignée de la ville et de l’église, Parent, Omer, Fonds Ministère de la Culture et des Communications – Archives nationales à Québec, 1950, Bibliothèque et Archives nationales du Québec