Congrès 2026

Séance 18 — Succéder, hériter et transmettre chez le notaire (II)

Familles et biens fonciers. Stratégies de transmission du patrimoine foncier des Abénakis d’Odanak (1800-1860)

Isabelle Bouchard

Université du Québec à Trois-Rivières

Chez les peuples autochtones, la transmission intergénérationnelle des savoirs s’effectue traditionnellement par l’oralité, l’observation et l’expérience. Chez les peuples algonquiens, elle concerne aussi les territoires de chasse familiaux ainsi que les savoirs à leur occupation, leur utilisation et leurs connaissances.

Dans la première moitié du 19e siècle, les Abénakis (W8banakiak) d’Odanak ont recours à l’écriture des notaires pour assurer la transmission de leurs biens fonciers et matériels aux générations suivantes. À partir des donations entre vifs et des testaments, nous analysons les héritiers privilégiés par les familles w8banakiak, ainsi que les motifs qui sous-tendent ces choix. Ces actes notariés révèlent des stratégies successorales complexes, façonnées par des divers facteurs tels que le décès d’un conjoint ou d’un héritier, le remariage, la présence d’enfants issus des plusieurs unions, l’état de santé des parents ou encore le lieu de résidence de leurs descendants.

Si les biens fonciers situés dans le village d’Odanak, les îles de la rivière Saint-François et le township de Durham sont transmis selon des logiques distinctes de celles qui régissent les territoires de chasse, notamment en ce qui concerne le genre, leur transmission s’inscrit néanmoins dans le cadre des relations familiales.