Séance 13 — Pratiques de transmission des Ursulines de Trois-Rivières: enseignement, vie spirituelle, patrimoine
La place des écritures personnelles en communauté. Entre la transmission d’une pratique religieuse collective et le développement d’une spiritualité individuelle
Marie-Hélène Nadeau
Université du Québec à Trois-Rivières
Véronique Guyaz
Université du Québec à Trois-Rivières
En prenant appui sur les travaux récents de l’histoire des spiritualités individuelles et collectives au Québec, cette communication interroge la place des écritures personnelles dans la vie collective de la congrégation religieuse féminine des Ursulines de Trois-Rivières. Si l’esprit de communauté prédomine dans l’exercice du quotidien, la particularité de la relation spirituelle n’est pas délaissée pour autant. Par une mise au foyer sur les écrits d’Adélina Bois, dite sœur de Saint-Ignace (1828-1887), l’une des actrices principales de l’émergence de la conscience patrimoniale de la communauté au 19e siècle, nous montrerons par quelles manifestations scripturales la spiritualité individuelle se donne à voir. Dans un premier temps, nous examinerons le genre des méditations, exercice périodique que scandent plusieurs événements de la vie religieuse, dont le tout premier, soit la profession des vœux. Dans un second temps, nous analyserons le genre du portrait nécrologique qui, par son caractère épidictique, révèle les singularités de la personne défunte tout en inscrivant son parcours dans l’exercice d’une œuvre commune. De ces analyses conjointes, il résulte que la place des écritures personnelles se négocie non pas en opposition à une pratique collective transmise, mais bien en communion avec elle, l’esprit de communauté invitant plutôt à une constante interaction avec l’héritage spirituel reçu afin d’en dégager son rapport propre.