Lauréat.e 2015 pour le Prix Louise-Dechêne
Maxime Gohier
Maxime Gohier est lauréat du prix Louise-Dechêne pour l’année 2015 avec sa thèse : La pratique pétitionnaire des Amérindiens dans la vallée du Saint-Laurent sous le régime britannique : pouvoir, représentation et légitimité (1760-1860).
La pratique pétitionnaire des Amérindiens dans la vallée du Saint-Laurent sous le régime britannique : pouvoir, représentation et légitimité (1760-1860)
Université du Québec à Montréal, 2014
Fiche de l'éditeurLes membres du jury sont heureux de décerner le Prix Louise-Dechêne à Maxime Gohier pour sa thèse intitulée « La pratique pétitionnaire des Amérindiens dans la vallée du Saint-Laurent sous le régime britannique : pouvoir, représentation et légitimité (1760-1860) ». Dans cette thèse magistrale, l’auteur aborde la question des pétitions amérindiennes d’une manière très originale. Plutôt que de porter attention au contenu des diverses pétitions soumises au pouvoir britannique par les Amérindiens résidant dans la vallée du Saint-Laurent, l’auteur s’intéresse à la pratique pétitionnaire comme telle.
Basée sur une problématique originale, sur une érudition historiographique et historique impressionnante, sur une recherche exhaustive et sur une analyse rigoureuse, la thèse aborde trois questions fondamentales. Elle étudie le processus par lequel les communautés amérindiennes ont adopté la pétition comme moyen privilégié pour communiquer avec le pouvoir britannique, l’utilisation que les Amérindiens ont faite de cette pratique entre 1760 et 1860 ainsi que l’impact de l’adoption et de l’évolution de cette pratique sur la vie des communautés amérindiennes et sur leurs relations avec les autorités britanniques et canadiennes. L’auteur démontre que les pétitions doivent être comprises d’abord et avant tout comme des documents de nature politique puisqu’elles sont « le résultat d’un ensemble de luttes de pouvoir et de jeux d’influence » au sein des communautés amérindiennes. Il démontre également que l’adoption de la pratique pétitionnaire à partir de 1760 par les Amérindiens a eu deux grandes conséquences. Elle a d’abord permis la reconfiguration des relations de pouvoir entre les Amérindiens et les autorités britanniques dans un cadre inégalitaire, ce qui a permis la marginalisation politique et juridique des communautés autochtones au dix-neuvième siècle. Elle a également participé à la transformation des sociétés amérindiennes. Si les pétitions ont d’abord été utilisées par les chefs pour asseoir leur autorité sur leur communauté, elles ont aussi contribué au processus de démocratisation des sociétés autochtones en permettant l’émergence d’une opposition aux chefs traditionnels à partir des années 1830.
En décernant le prix Louise-Dechêne à la thèse de Maxime Gohier, les membres du jury veulent souligner la contribution exceptionnelle de cette thèse à une facette méconnue de l’histoire de l’Amérique française.