Lauréat.e 2012 pour le Prix de la Revue d’histoire de l’Amérique française
Martin Petitclerc
Martin Petitclerc insiste sur le rôle fondamental de la loi de 1921 établissant le Service de l’Assistance publique, qui fut un tournant dans la structure et le pouvoir de l’État libéral au Québec. Au lieu de se concentrer sur la vive polémique autour de l’intervention de l’État dans un domaine traditionnellement réservé à l’Église catholique, Petitclerc invite ses lecteurs à porter la réflexion sur l’importance des nouvelles définitions de l’indigence émergeant à l’époque.
L'indigent et l'assistance publique au Québec dans la première moitié du XXe siècle
Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 65, no. 2-3, 2011-2012
Voir l'articleTout en reconnaissant l’influence du regretté Jean-Marie Fecteau et de sa contribution à l’étude de la régulation par l’État du crime et de la pauvreté, Martin Petitclerc insiste sur le rôle fondamental de la loi de 1921 établissant le Service de l’Assistance publique, qui fut un tournant dans la structure et le pouvoir de l’État libéral au Québec. Au lieu de se concentrer sur la vive polémique autour de l’intervention de l’État dans un domaine traditionnellement réservé à l’Église catholique, Petitclerc invite ses lecteurs à porter la réflexion sur l’importance des nouvelles définitions de l’indigence émergeant à l’époque. En effet, la redéfinition de « l’indigent absolu » revêtait une importance idéologique et politique primordiale à l’heure où le Canada s’apprêtait à moderniser ses services sociaux. Ces nouvelles définitions de l’indigence ont permis aux gouvernements Taschereau et Duplessis d’établir de nouvelles formes de certification de l’indigence, d’adopter de nouvelles positions en termes de financement et de réglementation de l’autorité municipale sur les institutions au service des pauvres, et de préparer la position du gouvernement du Québec face aux interventions fédérales dans les juridictions sociales, comme les pensions de vieillesse et l’assurance-maladie. Cet article de Martin Petitclerc, bien écrit et rythmé, s’inscrit dans le cadre de son étude plus large sur l’État-providence. La force de ses arguments en fait une contribution percutante et originale à la compréhension des politiques sociales du Québec.