Lauréat.e 2024 pour le Prix de la Revue d’histoire de l’Amérique française
Karim Chahine
Si l’historiographie est bien souvent perçue comme austère, cet article de Karim Chahine contribue à faire évoluer cette image. Dans cette analyse stimulante, les réflexions de Thomas Chapais sur l’écriture de l’histoire apparaissent d’une actualité frappante, rappelant aux historiennes et aux historiens l’importance de s’interroger non seulement sur leur objet d’étude, mais aussi sur la manière dont ils en rendent compte.
Grande et petite histoire chez Thomas Chapais
Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 77, no 3, 2024
Voir l'articleSi l’historiographie est bien souvent perçue comme austère, « Grande et petite histoire chez Thomas Chapais » de Karim Chahine contribue à faire évoluer cette image. Dans cette analyse stimulante, les réflexions de Thomas Chapais sur l’écriture de l’histoire apparaissent d’une actualité frappante, rappelant aux historiennes et aux historiens l’importance de s’interroger non seulement sur leur objet d’étude, mais aussi sur la manière dont ils en rendent compte.
Chahine analyse avec finesse les écrits de Chapais produits entre 1901 et 1934, en présentant la vision de l’« historien-écrivain » sur la synthèse et la monographie. Pour Chapais, l’histoire est à la fois une science rigoureuse et un art littéraire, un lieu où cohabitent impartialité et impassibilité, où la forme et le style jouent un rôle aussi crucial que la quête de vérité. Sous la plume sensible et attentive de Chahine, l’article invite à réévaluer la manière dont la recherche historique est présentée, soulignant que le fait de raconter l’histoire avec style peut jouer un rôle tout aussi important que le contenu. Loin d’être une discipline figée, l’historiographie se révèle comme un terrain toujours fertile pour interroger nos rapports avec le passé et les récits qui en découlent. Chahine avance que chaque génération d’historiennes et d’historiens a le devoir d’interroger ses méthodes et perspectives, perpétuant le dialogue entamé il y a plus d’un siècle par des esprits éclairés comme celui de Thomas Chapais.