Lauréat.e 2018 pour le Prix de la Revue d’histoire de l’Amérique française

Harold Bérubé

Le développement de la consommation de masse et l’expansion rapide des banlieues sont caractéristiques de l’immédiat après-guerre nord-américain. L’article de Harold Bérubé fait le pont entre ces deux phénomènes et vient étoffer une littérature peu abondante en histoire de la consommation au Québec (et même au Canada).

Vendre la banlieue aux Montréalais : discours et stratégies publicitaires, 1950-1970

Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 71, no. 1-2, 2017
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Le développement de la consommation de masse et l’expansion rapide des banlieues sont caractéristiques de l’immédiat après-guerre nord-américain. L’article de Harold Bérubé fait le pont entre ces deux phénomènes et vient étoffer une littérature peu abondante en histoire de la consommation au Québec (et même au Canada). S’appuyant sur un corpus de publicités publiées dans des journaux montréalais anglophones et francophones, il montre comment les promoteurs immobiliers et les gouvernements municipaux vendirent d’abord les pavillons de banlieue, puis la banlieue elle-même, à une clientèle aux revenus relativement modestes, et ce, en liant l’un et l’autre à une certaine forme de modernité à petit prix. L’auteur prête attention au genre, à la classe, mais aussi à la langue. Quoique la maison ait été un espace codé féminin, la publicité s’adressait aux hommes chefs de famille. Et si les publicités en anglais et en français ont promu le même mode de vie idéalisé, elles n’en respectaient pas moins la géographie linguistique de l’île de Montréal, offrant aux anglophones des logements à Pointe-Claire et aux francophones à Brossard, notamment, perpétuant ainsi dans une grande mesure « les deux solitudes ».